Tome 2 Ce que disait la lune
Roman initiatiatique
Cinq ans après avoir découvert une astrologie grâce à Elise, Claire semble avoir trouvé son équilibre. Mais à 38 ans, face à un désir d’enfant qui se fait attendre, elle entame un parcours difficile entre espor, fatigue et remise en question.
Au fil de cette traversée invisible, elle revient à son thème astral et à cette lecture du ciel qui éclaire autrement son chemin.
Entre cycles, corps et transformations intérieure, « Ce que disait la lune » raconte avec sensibilité le parcours d’une femme qui comprend que certaines naissances commencent bien avant la vie.
- Un roman sensible sur l’attente, la force intérieure et le dialogue entre destin et volonté.
Extrait
– Je crois que je savais que je reviendrais un jour.
Elise eut un léger sourire.
– Souvent on le sait sans se l’avouer.
Claire baissa les yeux.
– J’aurais préféré revenir pour autre chose.
Le silence resta calme et disponible.
– Depuis combien de temps? demanda Elise.
Claire comprit immédiatement la question.
– Un peu plus d’un an.
– Et vous commencez les examens? demanda Elise.
– Oui.
Le mot sortit plus sec qu’elle ne l’aurait voulu comme s’il portait déjà une fatigue.
– Julien est très présent, ajouta-t-elle aussitôt, comme pour corriger quelque chose qui n’avait pourtant pas besoin de l’être.
– Mais?
Claire leva les yeux et sourit faiblement.
– Mais parfois je me sens seule dans ce que ça remue.
Elise acquiesça très lentement.
– Parce qu’une attente de ce type touche des endroits qu’on explique difficilement.
Claire sentit sa gorge se resserrer légèrement. C’était exactement cela. Ce n’était pas une douleur gigantesque ni un drame formulé mais quelque chose d’intérieur, diffus, presque honteux de prendre autant de place.
– Je croyais que j’étais plus tranquille avec le temps, dit-elle. Plus capable d’accepter ce qui vient comme ça vient.
Elise la regarda longuement avant de répondre.
– Peut-être l’êtes-vous mais cela n’empêche pas certains désirs d’avoir leur propre intensité.
– Chaque mois, je me dis que je vais prendre de la distance. Et chaque mois, sans même m’en rendre compte, j’attends.
Le mot cette fois était là, entier… Attendre.
– La lune travaille souvent de cette manière.
Claire releva légèrement la tête.
– La lune?
– Oui. Ce n’est pas seulement un symbole féminin. C’est aussi ce qui revient, ce qui espère, ce qui ressent sans bruit, ce qui vit dans les cycles.
Claire écoutait sans chercher à analyser. Autrefois, elle aurait peut-être souri avec distance mais aujourd’hui, elle laissait simplement les mots trouver leur place.
– Certaines femmes découvrent dans ce genre de période qu’elles ne souffrent pas seulement d’attendre un enfant, poursuivit Elise. Elles rencontrent aussi une partie très ancienne d’elles-mêmes: celle qui dialogue avec le temps, avec la peur, avec l’idée parfois de ne pas maîtriser.
Claire sentit une phrase monter sans l’avoir préparée:
– J’ai peur que le temps devienne plus fort que moi.
– Le temps n’est pas contre vous. Il devient difficile seulement quand on commence à lui demander des réponses immédiates.
Claire regarda vers la fenêtre. La lumière avait légèrement changé. Un rayon discret traversait le rideau.
– On va sûrement commencer la PMA, dit-elle enfin.
Le mot prononcé à voix haute sembla plus réel qu’avant. Elise hocha doucement la tête.
– Alors il faudra apprendre à rester très proche de vous-même pendant tout cela.
Claire sourit faiblement.
– C’est justement ce que je ne sais pas toujours faire.
Elise répondit presque aussitôt.
– Si. Vous avez commencé il y a cinq ans.
Une ligne invisible reliait soudain très clairement celle qu’elle avait été à celle qu’elle devenait. Et pour la première fois depuis plusieurs semaines, Claires sentit que ce qu’elle vivait n’avait pas seulement besoin d’être supporté mais aussi compris autrement. Avant de partir, elle ouvrit son carnet et elle écrivite:
» Certaines attentes ne demandent pas seulement du courage. Elles demandent aussi de ne pas se perdre pendant qu’on espère. »
